Traversée du Néron, "débonnaire mais redoutable"

Traversée du Néron, "débonnaire mais redoutable"

Le Néron, c’est cette montagne impressionnante qui se dresse à l’entrée de Grenoble quand on arrive de la vallée du Rhône. C’est une montagne de sinistre réputation, qui a causé de nombreux accidents et qui a été ravagée il y a une dizaine d’année par un incendie. Mais quelle allure !

J’ai voulu y monter en reconnaissance, en espérant pouvoir un retourner à plusieurs et avec le matériel que certains topos disent nécessaire (cordes et tout le tintouin). Bon, les choses se sont bien passées et j’ai fait l’intégralité de la traversée sud → nord. Certains topos sont plus alarmistes que d’autres (j’ai pu lire que c’était carrément de l’alpinisme), mais dans tous les cas c’est un itinéraire à réserver à ceux qui ont le pied sûr même quand le vide n’est pas loin (genre à 10 cm). Une fois n’est pas coutume, je vais faire un petit topo, parce que les trucs trouvés sur internet n’était pas forcément très précis (notamment au début). Pas d’eau sur le chemin, bien entendu. Je n’avais qu’un seul litre, il ne fallait pas qu’il fasse plus chaud (et pourtant on est en novembre).

Bref, je suis parti assez tard de chez moi et ai rejoint Narbonne (commune de St Martin le Vinoux) en vélo. Les 200m de dénivelé sur la petite route agréable m’ont bien échauffé. Le chemin début à la sortie du village, au niveau de la maison n°2575 (petit parking quelques mètres avant, au niveau des poubelles, et présence d’un robinet). Départ effectif vers 12h30. Dès le début, ça monte sec dans la forêt. Peu après un panneau « forêt domaniale », on arrive à un petit replat et une intersection (un vieux panneau de bois se trouve en hauteur dans un arbre, à droite). Il faut prendre le petit sentier qui part à droite et qui continue à monter dans la chênaie. Il y a un (tout) petit balisage vert. Plus loin, on arrive à une intersection (festival de balisages vert, bleu et rouge). Prendre à gauche le chemin qui revient vers la falaise (panneau « Arrête » accroché à un tronc bien droit). À partir de là, on suit un très bon balisage bleu jusqu’à la fin de la crête. Rapidement, on arrive au pied de la falaise et on trouve la fameuse vire romaine, bien câblée.

En arrivant sur la vire


Beau sentier en encorbellement


On passe la passerelle Hippolyte Müller, où se trouve un panneau indiquant 40 minute jusqu’au poste romain. Le chemin monte alors dans la falaise et fait quelques feintes (il part à droite, puis à gauche, et descend même un peu). Le poste romain (à part une clairière, y’a pas grand chose de remarquable, si ce n’est la vue) est atteint en 15 minutes. De là, le cheminement est évident : il faut suivre le marquage bleu qui remonte l’arrête. C’est très caillouteux et faut réguliérement mettre un peu les mains, mais ce n’est pas exposé. Finalement, environ une heure après le départ, on arrive au belvédère lucky-luke (je vous laisse deviner le pourquoi du nom :p ).


On continue sur la bosse suivante, à partir de laquelle l’arête devient plus aérienne. Le cheminement est évident, mais pas toujours rapide. Le vide n’est pas loin.



Enfin, on arrive au couloir en Z (c’est son nom), indiqué par… un Z bleu sur la paroi (il parait qu’on peut y descendre). Juste après, il faut escalader de grandes dalles inclinées pour atteindre la première croix. Ici j’ai croisé une cordée qui m’a laissé passer. C’est équipé, mais par temps sec mieux vaut ne pas se poser de question si on veut pouvoir avancer un peu.

L’appareil était bien droit


Le Néron, « débonnaire mais redoutable »


Depuis la croix (peut-être contournable par le versant est), un très court passage de désescalade mène à l’arrête des avalanches. Elle ne fait que quelques mètres, mais le vide est présent des deux côtés et on la passe en s’aggripant fermement au bord de l’arrête.


La suite est plus simple. On suit tranquillement l’arrête en passant de temps en temps des ressauts. Il faut réguliérement mettre les mains, mais en suivant le balisage ça passe. On traverse un mini-canyon (haut du couloir Godeffroy).


Un des ressauts à passer


Enfin, on arrive sur la dernière grosse difficulté : il faut traverser le ravin d’Ulrich (du nom d’un étudiant allemand mort ici. Ambiance.). Heureusement, un bout de corde solidement attaché aide (on peut ne pas s’en servir en passant sur le bas de la petite dalle qui gène).

D’où on vient


Mont Rachais et Belledonne


Juste après on passe le dernier sommet de la crête (croix rouge), et quelques dizaines de mètres plus loin on trouve le couloir de Clémencière (vieux panneau, et un autre panneau à quelques mètres indiquant la grotte du colonel Brun). Le sentier redescendant est celui qui part à droite, sous la falaise. PLus loin il descend franchement dans la forêt. À une intersection, bien prendre le sentier qui continue vers le bas (à droite, aussi balisé en bleu, se trouve le sentier des 4 cols, fortement déconseillé à cause des chutes de pierres). Le sentier descend dans la pente raide en faisant de tous petits lacets. Le balisage se perd un peu, mais on continue jusqu’à trouver un sentier perpendiculaire balisé en rouge. On le prend vers la droite, et on essaie d’arriver en bas (j’ai fini en coupant droit dans la belle forêt), jusqu’à trouver une piste, puis une route. Pour finir, 2km (en courant) sur bitume jusqu’au point de départ. Je retrouve mon vélo environ 4h après mon départ, largement de quoi rentrer avant la nuit.

Une réaction au sujet de « Traversée du Néron, "débonnaire mais redoutable" »

  1. Cette montagne m’impressionne et malgré mon amour de la montagne je n’arrive pas à me lancer . Cette esthétisme m’attire mais me fait peur aussi.
    La photo où tu indiques que l’appareil
    Est bien droit . Rassure moi il faut pas escalader ? Car je me rends pas bien compte

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