Randonner sans réchaud

Randonner sans réchaud

Ça fait maintenant quelques années que je fais des randonnées plus ou moins longues. Pour toutes mes randos moyen ou long cours (c’est à dire plus de deux semaines), je suis parfois parti avec un réchaud, mais je n’ai jamais terminé avec celui-ci. J’ai essayé plusieurs types (classique à gaz, à alcool, à bois) sans jamais être convaincu. Durant ma traversée des Alpes, j’ai jeté mon réchaud en cours de route ; en Islande, il s’est envolé alors que je l’avais sorti du sac pendant une pause et je ne l’ai pas pleuré. J’ai donc arrêté d’insister et j’ai définitivement abandonné le réchaud (sauf en hiver, bien sûr). Je n’avais pas de réchaud pour les 4500km du CDT, et ça m’a très bien convenu tout en me permettant de raffiner un peu mon système. Il n’y a rien de bien révolutionnaire, mais ça peut intéresser quelques personnes (vu le nombre de fois qu’on m’a demandé comment je faisais).

Ceci dit, une bonne partie de cet article s’adresse plutôt à ceux voulant vraiment optimiser leur randonnée (pour porter moins lourd, moins volumineux, pour des objectifs plus ambitieux que la rando du week-end). Je sais que ce ne sera pas pour tout le monde. 🙂

Mon système : trempage à froid

La solution la plus simple pour manger sans réchaud, c’est de prendre de la nourriture « à pic-nique » : fromage, galettes à fajitas, viande séchée (saucisson, jerky, etc.), nutella, graines/noix, etc. Ça convient sur une courte durée, mais sur plus long ça peut manquer de variété et de certains nutriments. Par exemple, comment faire pour avoir assez de glucides et féculents ? Souvent, les ingrédients secs qui en contiennent sont assez volumineux ; les galettes/pains ont aussi des problèmes de conservation.

La solution est assez simple : le soir, je mange la même chose que si j’avais un réchaud. L’astuce est simplement de laisser la nourriture tremper longtemps dans de l’eau froide. Au début j’utilisais un simple bol en plastique et je mettais à tremper le plus rapidement possible lors de mon arrivée sur les lieux du repas. C’était pas super pratique vu que je devais attendre avant de pouvoir manger.

Ensuite quelqu’un m’a donné une boite de glace en plastique. Avec une contenance de 500mL et un couvercle vissable, elle est parfaite pour mettre la nourriture à tremper dans le sac et continuer à marcher pendant que le repas se prépare doucement. Généralement, je mets à tremper au moins une heure avant l’arrêt, et parfois jusqu’à une demi-journée en avance (la différence n’était pas flagrante) ; souvent, ça dépend de la disponibilité de l’eau.

Les plats de choix

Comme je suis peu difficiles, je n’ai pas testé tant de plats que ça. Sur le CDT, une fois que j’avais trouvé ce qui me plaisait, je mangeais la même chose quasiment tous les soirs (ramen et thon).

Petite liste non exhaustive :

  • ramen : les paquets de 80g sont l’un des plats les plus pratiques. Déjà conditionnés, sans prise de tête, et se mariant avec un peu tout : c’est parfait.
  • pâtes : au delà des ramens, le trempage à froid marche bien avec les pâtes. Bien sûr, plus les pâtes sont fines, plus ça sera rapide. Par contre, il faut probablement se diriger vers les pâtes précuites (ce qui est le cas pour les ramens).
  • riz : jamais testé, mais ça doit marcher (surtout si on prend du riz instantané, qui est pré-cuit).
  • couscous : le grand classique. Comme les ramens, c’est pratique parce que ça se mari avec tout.
  • purée : prendre un peu de lait en poudre avec pour que ce soit meilleur.
  • soupe en poudre : pas top tout seul, mais parfait avec autre chose pour donner du goût et du sel (important en randonnée).
  • flocons d’avoine : comme pour la purée, on peut prendre du lait en poudre.
  • refried beans déshydraté : facilement trouvable dans le sud des USA, ces haricots rouges assaisonnés et déshydratés sont délicieux.
  • plats déshydratés : souvent chers et pas si bons, je n’en utilise jamais.

Bref, il y a du choix.

Pourquoi abandonner le réchaud ?

Maintenant que j’ai rapidement présenté comment on peut faire sans réchaud, la question principale est de savoir pourquoi le faire.

Simplicité et temps

La raison principale pour moi : après une longue journée de marche, j’ai la flemme de sortir le réchaud et de devoir cuisiner. Puis c’est long : mise en place du réchaud, chauffer l’eau puis cuisson… Je n’ai pas envie d’attendre 20 minutes pour manger alors que j’ai marché une dizaine d’heure. Sans réchaud, j’arrive, j’ouvre mon récipient et je peux manger. C’est imbattable.

Puis avec le réchaud, il y a plein de petits trucs à vérifier et/ou faire : dégager le terrain (risque d’incendie), se protéger du vent…

Poids et encombrement

Avoir un réchaud nécessite plus de matériel (réchaud, carburant, popote spéciale, éventuellement part-vent). Ça fait rapidement du poids et un encombrement non négligeable, et ça fait beaucoup de petits objets (j’aime simplifier mon équipement). Certes, mon récipient fait lui aussi 0.5l de volume, mais comme souvent je mets directement le prochain repas dedans (sans encore mettre l’eau), le volume perdu est moins élevé qu’avec un réchaud.

Un argument souvent entendu est que le poids de la nourriture avec un réchaud est plus faible : comme je mange plus ou moins la même chose, je pense que c’est faux.

Petits avantages

  • Pas besoin de carburant et logistique plus facile
  • Pas besoin de porter plus d’eau jusqu’au camp (généralement je mettais à tremper au niveau d’une source), donc plus de capacité vu que l’eau des bouteilles ne sera pas utilisée pour la cuisine.
  • Moins cher : entre le réchaud, la popote (surtout si en titane) et le carburant, ça fait vite un peu de sous.
  • Moins de risques d’accident (incendie, brûlure, abîmer du matériel)

Désavantage du sans réchaud

Le moral

Le principal argument que j’entends souvent, c’est « je ne peux pas me passer du café du matin ». Avoir une boisson chaude le matin et/ou un repas chaud le soir est souvent perçu comme une nécessité pour le moral. Ce n’est pas mon ressenti personnel, mais je peux comprendre que pour certains ce soit absolument nécessaire. C’est sûr que partir sans réchaud demande une remise en question, mais c’est le cas de beaucoup de choses pour la rando. 🙂

Le reste des arguments pro-réchauds sont probablement orienté à la rando tranquille, ce qui est rarement mon cas. C’est sûr que se cuisiner un bon petit plat au soleil couchant en compagnie de ses amis, c’est plus sympa que d’avaler des ramens froides. Comme souvent, c’est une histoire de compromis.

Laver

Pour moi, c’est le plus gros défaut de mon système : sans eau chaude, il est difficile de laver efficacement le récipient. Il faut pourtant bien le faire, au risque de voir rapidement des bactéries et autres champignons proliférer. L’avantage de l’eau chaude, c’est aussi de stériliser le récipient ainsi que de faciliter le nettoyage.

 

C’est là dessus que je termine mon premier article meta-randonnée (si on ne compte pas les listes de matériel). Peut-être que j’en ferais plus, je ne sais pas encore.

Pour les personnes intéressés pour lire plus sur le sujet, une recherche de « cold soaking hiking » sur google donnera beaucoup de retours, certains plus intéressants que d’autres.

 

 

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