Jordanie 5 : Humeima – mer Rouge

Jordanie 5 : Humeima – mer Rouge

Aujourd’hui, nous devons traverser le désert caractéristique du Wadi Rum pour rejoindre le village du même nom. Ce n’est pas vraiment difficile, mais pour une partie de la journée il n’y a ni piste ni sentier et nous devons nous dirigier à l’azimut en naviguant entre les collines de grès. Le ciel est légérement voilé et gâche malheureusement un petit peu les belles couleurs du levant ; ça reste tout de même absolument magnifique et nous prenons le temps de prendre de multiples photos.
Comme souvent, nous croisons quelques tentes bédouines. Le sable garde aussi les traces de passage de 4×4 ou de quads. En dehors de ça, l’impression de solitude est prégnante et nous savourons ce moment dans un lieu magique. Le sable nous rappelle parfois à la réalité en nous forçant à prendre plus de pause que de coutume pour vider les chaussures, ce qui me va bien car je suis toujours en vrac. Au fur et à mesure le vent se lève et nous nous retrouvons dans un semblant de tempête de sable. Vers midi nous arrivons dans un petit village, ou nous trouvons une épicerie qui ne vend pas d’eau. Le vendeur va chez lui nous remplir les bouteilles et nous pouvons repartir faire une pause un peu plus loin. Enfin, c’est ce que nous avions prévu, mais rapidement nous devons nous rendre à l’évidence : il va être difficile de trouver de l’ombre. Finalement nous nous serrons sous un arbuste rachitique : ce n’est pas la meilleure pause que nous ayons eue.
La suite de la journée est facile : nous devons suivre la route qui va au vilalge de Wadi Rum. Heureusement, la vallée est large et le sol peu sabloneux, donc nous pouvons marcher à distance de la route – mais toujours en compagnie d’un vent costaud. Au milieu nous passons par le Visitor Center, où nous prenons une (très) longue pause pour me permettre de réunir mes forces pour la suite. Juste après, nous passons devant les sept piliers de la sagesse, une montagne nommée en honneur de Lawrence d’Arabie qui a passé du temps dans le coin. Les derniers kilomètres jusqu’au village sont assez difficiles pour moi. A l’entrée de celui-ci, une voiture s’arrête et le conducteur, un guide du cru, nous propose de venir dormir et manger chez lui (12€/personne – c’est un coin touristique). La promesse d’une nuit dans un vrai lit à l’abri du vent qui souffle toujours aussi fort nous convainc, et nous acceptons l’offre.
Il y a un chameau accroché devant la maison avec une laisse d’un mètre. Pauvre bête. Le guide et sa femme nous proposent de manger à 8h, mais nous négocions 6h30 en expliquant qu’à 8h, nous dormons. 😀 Le repas est délicieux, mais je ne peux pas vraiment le savourer.


Le paysage typique du wadi Rum

Sable et grès

Il y a aussi de la végétation… Un peu

Navigation à l’azimut

Le type de terrain qu’on rencontre

Petit détour juste pour la photo

C’est tout droit

Mini-tempête de sable


Les sept piliers de la sagesse (cf. Lawrence d’Arabie)

Nous partons comme toujours vers 5h30, mais cette fois après un petit-déjeuner frais qui fait du bien. Nous devons continuer de remonter le large wadi Rum, ce qui promet de long passages ensablés. Le vent a soufflé toute la nuit, et une brume formé d’un mélange de poussière et de nuage cache le paysage. Les falaises de gré qui bordent le wadi ne sont que des fantômes que nous ne discernons qu’à la faveur d’une rafale de vent plus forte que les autres. Une petite dizaine de kilomètres après le départ, nous faisons un détour pour aller prendre de l’eau à une source (Qatar spring). Nous y faisons une longue pause car je fais une crise de fièvre et je tremble de tous mes membres pendant quelques dizaines de minutes (pas drôle). Deux groupes de touristes arrivent en 4×4 avec guide pour voir la source alors que nous y sommes. Le contraste entre eux, tout pimpants, et nous est assez saisissant.
Nous repartons, toujours tout droit jusqu’à ce que nous quittions le wadi Rum proprement dit. Le nuage se lève progressivement, mais en échange le sable se fait de plus en plus profond et la marche est fatiguante. Nous devons remonter une vallée plus étroite et complêtement ensablée, et vu mon état c’est le passage le plus difficile de la traversée pour moi. Au petit col qui marque la fin du secteur de wadi Rum, nous prenons la pause de midi que je passe à comater contre un rocher. La bonne nouvelle, c’est que lorsque nous repartons je vais bien mieux, et ça marque la fin de ma « maladie » (pour le moment…).
Nous quittons donc le désert caractéristique du wadi Rum pour retrouver des montagnes de granit. Nous devons descendre un long wadi jusqu’au village de Titen, ou nous demandons de l’eau à un habitant. Nous repartons avec l’idée de dormir au pied d’un col, quelques kilomètres plus loin. Nous posons le camp contre une colline, en espérant que ça nous protège un peu du vent (qui doit se calmer dans la nuit). Il y a un squelette de tente bédouine, mais nous sommes cachés et nous devrions passer une dernière nuit au calme… Vraiment ?


Anchor dans Qatar Spring

Le brouillard du jour, mélange de poussière et de nuages

Ambiance sans clarté

Le wadi suivant wadi Rum

Avoir un piste à suivre ne veut pas dire que c’est plus facile

Floch floch

Dernières vues…

Retour au granit

Acacia devant les montagnes d’Aqaba

2h30. Je me lève pour satisfaire un besoin naturel. Au moment de me coucher, je liste toutes les raisons que j’ai de me sentir bien : le vent est tombé, la température parfaite, j’ai encore 3h de sommeil qui m’attendent… La fin de nuit devrait être bonne. Dix minutes plus tard arrive un pick-up, tous phares allumés. Il s’arrête juste à côté de nous et le conducteur vient me parler… Pour me demander si on a besoin d’eau. Non, mais de sommeil oui ! Je lui demande si on dérange, il me dit que non. Il éteint tout et part avec une lampe torche. J’espère que ça en est finit, mais il revient de courtes minutes plus tard avec des branchages et fait un feu à quelques mètres de nous. Tranquillement, il fait un thé et nous en propose. Il est 3h10, Anchor et moi décidons que la nuit étant foutue, autant y aller. Nous plions rapidement bagage, et à 3h30 nous laissons le bédouin boire son thé et nous lançons dans la dernière étape de la traversée.
Nous louvoyons entre les collines pour suivre la sente qui permet de passer le col. Entre le terrain difficile, la sente invisible, la nuit et la fatigue, nous mettons beaucoup de temps à finalement atteindre le sommet, d’où nous pouvons voir le soleil se levant entre les nuages. Nous redescendons plus rapidement avant de traverser une large vallée et de trouver une piste qui monte au second col. Ce n’est pas difficile, mais c’est long… Du sommet, pour la première fois, nous voyons la mer Rouge, qui marque la fin de cette traversée. La descente est très sympathique et nous suivons une petite sente dans un décor granitique aride à souhait. Enfin, nous nous retrouvons au pied du troisième et dernier col de la journée. Cette fois-ci, la montée est rude et se fait sur un petit sentier. D’en haut, nous avons une belle vue sur la mer (et sur la zone industrielle que nous allons devoir contourner pour l’atteindre).
La descente marque les derniers instants sur les sentiers sauvages de Jordanie. Nous perdons la sentes et devons désescalader des rochers croulants pour atteindre le bas du wadi. De là, nous longeons la zone industrielle (en passant par un terrain de tir), puis des zones de travaux. La descente finale jusqu’à la mer se fait dans un wadi : c’est cohérent avec l’ensemble de la traversée du pays… Nous passons quelques hôtels, traversons une route, et atteignons la plage. Ca y est, nous avons traversé la Jordanie.


L’avantage d’être réveillé à 3h…

Le soleil se lève quelque part

Le paysage a bien changé

La mer Rouge !

Petite sente de berger

Si proche mais encore si loin…

En route vers le dernier col du trajet

Et si on trichait un peu ?

J’ai tout tenté, mais impossible de la faire démarrer. Problème de batterie ?

Un des wadis à passer

Dernier col

Champ de tir

Les talents jordaniens ne sont pas dans la construction

Ca y est !

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