Jordanie 4 : Pétra – Humeima

Jordanie 4 : Pétra – Humeima

On quitte Pétra pour s’enfoncer dans les multiples canyons du désert jordanien. C’est vraiment beau !
Partie 4 : Pétra – Humeima (3j, 99km)
L’hôtel propose des navettes gratuites pour rejoindre Pétra. Même si nous ne pensons pas faire une grosse journée, nous décidons de prendre celle de 8h afin d’avoir le temps de tourner un peu dans Pétra. Nous commençons par rejoindre le Trésor, qui est maintenant au soleil et avec bien moins de monde qu’hier. De là, nous aurions bien aimé monter directement sur le plateau au dessus, mais il est obligatoire d’avoir un guide (ce qui déjà ne nous plait pas trop) et ils sont assez chers (genre 15€ pour 30min – très cher pour la Jordanie). Nous nous rabattons donc sur le chemin classique pour rejoindre « the high place of sacrifice », d’où la vue sur les montagnes entourant Pétra est fort sympathique. Dans la descente nous croisons de nombreux autres monuments (tombes, temples, statues…). Comme il est encore relativement tôt et que nous sommes légèrement éloigné du centre de Pétra, la zone est très calme et agréable.
Plus loin, nous retrouvons le sentier qui nous fait définitivement sortir de Pétra. Nous croisons un couple qui fait Pétra – Wadi Rum avec un guide. C’est sûr que ça simplifie la tâche, mais est-ce vraiment nécessaire d’avoir un guide (réponse : non, sauf si nous n’avez aucune expérience en rando). Nous croisons aussi des chameaux, qui sont pour une fois dans un environnement qui semble leur correspondre. Le chemin suit une large vallée et passe devant un ancien amphithéâtre. Peu après, la vallée se rétrécit brutalement et se transforme en canyon sur quelques kilomètres – cette section est magique. Au sortir de ce canyon, nous croisons une source dont l’eau ne donne pas envie. Nous faisons quand même notre pause repas ici (en vrai il est déjà tard, mais le petit-déjeuner fut copieux) afin que je puisse tremper mon matelas et essayer de trouver le trou qui me fait passer de mauvaises nuits. Mission réussi : je le patch avant de finalement manger.
Nous quittons ensuite la vallée au prix d’une courte montée et enchaînons avec 2km sur route (les derniers !). Alors que le soleil se couche nous rejoignons un wadi dans lequel, 3km plus loin, se trouve une source qui est notre but pour aujourd’hui. Nous trouvons un bon spot de bivouac juste au dessus de celle-ci. Ce fut (encore une fois) une bien belle journée.

La Khazneh (Treasury / Trésor)


Cité de tombes


The High Place of Sacrifice


La fontaine au Lyon


Tombeau d’un soldat romain (et moi)


Tombeau et colonnes


Chameaux (les dromadaires étant des chameaux…)


Descente dans la vallée


Dans la vallée


Amphithéâtre et spectateurs


Beau palmier près d’un point humide


Dent blanche


Arrivée dans le canyon


Anchor en contemplation


À la recherche du trou perdu


Au sortir de la vallée


Plaine et montagne


Les dangers de la route en Jordanie (le premier danger est à mon avis les conducteurs eux-mêmes :p )


Sandstone


Dans le dernier wadi de la journée

Comme d’habitude nous partons aux alentours de 5h30. Le soleil se couchant tôt et la journée se faisant majoritairement en plein soleil, c’est plutôt agréable de marcher dans la fraîcheur matinale. Le soleil se lève lorsque nous quittons le wadi en grimpant sur un petit plateau. Le paysage est majestueux et désertique, et nous passons pas mal de temps à prendre des photos dans tous les sens. La petite sente se faufile sur le plateau cabossé avant de redescendre brusquement dans un nouveau wadi (le 513ème du voyage je pense). Rapidement nous rejoignons un large wadi que nous commençons à remonter. Au loin nous voyons plusieurs tentes – en fait, beaucoup de tentes. Nous nous posons des questions sur la taille du groupe, avant de réaliser qu’il s’agit probablement de la randonnée organisée annuellement par la Jordan Trail Association. Nous les rejoignons juste avant que les randonneurs (19 personnes faisant le chemin en entier, un petite trentaine qui ne sont là que pour une section) ne partent. Pour la première fois, ils font le chemin du sud au nord (les pauvres).
Bien sûr, nous sommes invités à finir leur petit-déjeuner, à remplir nos bouteilles et à discuter. Le responsable de l’asso est très intéressé par notre retour et nous passons un long moment à parler avec lui du chemin. Tout particulièrement, il nous pose beaucoup de question quant à la logistique et à l’organisation lorsque on ne suit pas les étapes du topo. Nous lui montrons les tableaux et documents que nous avons dus préparer en amont pour faciliter l’usage des topos et cartes fournis (qui ne sont pas vraiment adapté à une randonnée « libre »). Nous abordons aussi l’histoire du chemin et les différents projets qu’ils ont pour la suite (balisage, changement de certaines sections, financements…). Bref, c’est très intéressant pour tout le monde et nous restons près d’une heure avec eux. J’en profite pour boire beaucoup (au moins 1,25l je pense), car ensuite nous avons une section de 43km sans eau (sauf au prix d’un détour que nous souhaitons nous éviter).
Nous repartons dans le large wadi en suivant une piste. Nous perdons du temps à éliminer les excès d’eau mais le rythme est correct, d’autant que nous avons passé un petit col et suivons donc un nouveau large et beau wadi qui descend légèrement. Nous le quittons pour nous engager dans un canyon de sandstone. Note : je viens de découvrir qu’en français c’est du grès ; en grande majorité, celui que nous croisons a gardé la couleur du sable et forme parfois des motifs sympa selon les couches de sable qui l’ont formé. L’après-midi se passe à naviguer dans un véritable labyrinthe de canyon, tous pareil et pourtant tous différents. C’est absolument superbe.
Au fur et à mesure, il y a de plus en plus de sable autour de nous. D’ailleurs, le dernier canyon se finit en marchant dans du sable. Nous arrivons ensuite dans une sorte de plaine minérale avec de grandes dunes de sable ici et là. Encore une fois, le paysage est magnifique, surtout à la lumière du soleil déjà bas sur l’horizon. Nous devons traverser plusieurs de ces dunes, mais heureusement le sable est souvent assez compact. Nous terminons en descendant dans… un large wadi alors que le soleil se couche définitivement. Nous arrivons au bivouac (une fin d’étape officielle du chemin) alors qu’il fait nuit. Il y a déjà un couple, mais il y a de la place pour tout le monde. Nous discutons un peu avec eux (ils ne font que la section Pétra – Wadi Rum) avant de filer au lit.


Jeux avec le soleil levant


Gravure nabatéenne


Sur le plateau


Rujum (cairn)


Dans le wadi


Plus loin ; au centre en arrière plan, le petit col qui sépare les deux prochains wadis


Le camp (oui, il y a des randonneurs avec des valises et qui dorment quand même avec des z-lite, allez comprendre)


Encore un wadi (à chanter sur du Goldman)


Canyon de sandstone (grès)


Acacia


Au moins le chemin n’est pas difficile à suivre


De plus en plus de sable


Formations rocheuses


Encore et encore…


Arrivée dans un nouveau canyon


La même sans cairn


Nouveau canyon, nouveau style


Un véritable labyrinthe


Sur un petit col entre deux wadis


Il faudrait en faire un panorama


Petite dune de sable, prémices pour la suite


En descendant vers le dernier canyon de la journée


Ça y est, on marche dans du sable fin et fatiguant


Arrivée sur les dunes


Contraste


Plaine sablonneuse


Plaine sablonneuse avec un intrus (saurez-vous le trouver ?)


Arbre au sommet d’une montagne


Franchement y’a pire pour finir une journée


Navigation à l’azimut


Soleil couchant


Dernières lueurs


La nuit tombe, l’acacia se dresse

La nuit fut très compliqué à cause de nausées et d’un sentiment général de mal-être. Au moins je prends des photos d’étoiles (même si ce n’est pas trop la saison)… Au moment de partir, je ne vais pas bien mieux. Ma première idée (après avoir pensé à une simple indigestion) fut que j’avais une déshydratation vu que j’en avais quelques possibles symptômes. Notamment, j’avais l’impression d’avoir la plus grosse gueule de bois de ma vie…
Bref, je ne suis pas au mieux de ma forme alors que nous remontons un long wadi. C’est sympa, parfois il devient très étroit et se transforme en « slot canyon » (« canyon en fente » en français, mais c’est moche même s’il y a une page Wikipédia dédiée). Au milieu est censé être une source, mais elle est si peu engageante que nous décidons de la zapper (il aurait vraiment fallut être désespéré pour l’utiliser, cf. photo). Après 11km, il est temps de sortir du wadi. Une petite montée brutale (dénivelé + sable, le combo qui fait mal), nous arrivons sur la plaine. Nous sommes au niveau d’un village bédouin, donc nous nous dirigeons vers la mosquée pour trouver de l’eau. Il y a du mouvement dans un bâtiment juste à côté et les personnes présentes nous invitent à venir parler. Il s’agit de l’école (avec les salles de classes les plus petites que j’ai jamais vues) et ils sont en plein grand nettoyage. Ils nous fournissent de l’eau et nous bombardent de question plus ou moins embarrassante :
– Vous êtes mariés ?
– Oui
– Vous avez quel âge ?
– 29 ans pour elle, 26 pour moi
– Quoi, la femme est plus vieille que l’homme ?!
– …
– Depuis combien de temps êtes vous mariés ?
– (improvisation) 1 an
– Et ils sont où les enfants ?
– …
– Ici, neuf mois après un mariage, il faut un enfant !
– Bon bah merci pour l’eau hein !
Nous repartons donc muni d’assez d’eau pour atteindre le village d’Humeima, ou nous devrions pouvoir acheter eau et nourriture. Entre les deux villages : une plaine désertique. La navigation se fait à l’azimut, avec le soleil qui tente de nous griller à petit feu. Lorsque nous arrivons à Humeima, c’est avec plaisir que nous buvons de l’eau fraîche…
Il est maintenant relativement tard mais nous pensons pouvoir encore faire quelques kilomètres, donc nous repartons. Nous devons nous battre un peu pour retrouver la piste à cause de champs d’on ne sait quoi et leurs barbelés qui ont poussé depuis que la trace a été faite, mais nous voici lancé dans ce qui est l’entrée de Wadi Rum. C’est une plaine sableuse avec de petite montagne de gré, et c’est beau. J’ai marché jusque là sans trop de problème, mais arrivé au 37ème kilomètre je m’effondre : je me prends un énorme coup de massue et je préviens Anchor que j’ai besoin de m’arrêter très rapidement. Nous trouvons donc un emplacement de bivouac qui fera l’affaire, et en quelques minutes je suis allongé sur mon matelas. Je mange (très peu), et à 18h15 je dors.


L’avantage de mal dormir…


Le début du wadi


On se sent petit


Rétrecissement


Jeux d’ombres


La source…


Slot canyon


Slot canyon plus sombre


Changement de style


Changement de couleur


Arrivée sur la plaine


Le village bédouin


Traversée de la plaine


On commence à voir les formations caractéristiques de Wadi Rum

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Note concernant ma « maladie » : pour éviter de vous assommer avec ça, je vais rapidement résumer la chose. Comme je vous l’ai dit, j’ai initialement pensé à une déshydratation, mais je suis resté malade pendant 4 jours. Fièvre, douleurs, fatigue… Super pour marcher. Et depuis les symptômes reviennent régulièrement ; j’ai mis (trop ?) longtemps à aller voir un médecin (pensant simplement que c’était une fatigue passagère), mais les premières analyses semblent indiquer que j’ai bien chopé quelque chose. Le voyage forme la jeunesse qu’ils disaient…

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