Islande partie 1 : de Myvatn à Askja

Jour 1 : Myvatn – quelque part
Il est environ 14h quand je sors de la petite supérette (fruits et bouteille d’eau en rab). Je passe voir le ranger, qui me déconseille mon trajet et veut me faire passer par la route. Super.
Un ranger ignoré plus tard, me voilà en route sur l’itinéraire suivi par Jjondalar : plutôt que de suivre le lac (et la route), je pars vers l’est en direction du spectaculaire volcan Hverfell. Mes premiers pas se font sous des nuages qui tentent de masquer les couleurs, mais peine perdue, c’est superbe.
J’avance tout d’abord dans un vieux champ de lave sur lequel pousse une forêt (enfin, des arbustes). Après avoir croisé une route groudronnée (ma dernière avant un bon moment) et ses cars de chinois venus photographier une faille tellurique, je me rapproche du volcan que je monte finalement d’un bon pas, bien aidé par le vent. La vue sur le lac et les montagnes y est splendide.
Après en avoir fait le tour, je redescends de l’autre côté et dis adieu à la foule. Je rejoins une bonne piste qui me fait descendre tranquillement vers le sud. Je savoure le moment, d’autant que les nuages se dégagent petit à petit et laissent le soleil jouer avec les couleurs. Plus loin je coupe tout droit dans un champ de caillou pour monter sur un plateau montagneux. Je plante (assez mal) mon abri sous les contreforts du Heilagbleuhbleuhbleuh (ah ces noms islandais !).

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Promis, pour les autres jours, il n’y aura pas tant de photos. 😀

Jour 2 : quelque part – Botni
Aujourd’hui il fait beau, youpi !
Bon, j’ai pas des masses d’eau, donc je fais gaffe. Le ranger m’a prévenu que le coin était très sec. Les moutons que je voyais de l’autre côté de la plaine sont toujours là ; je pars dans leur direction pour ensuite longer le pieds des montagnes. Arrivé aux moutons, que vois-je ? Une belle rivière ! Une micropure plus loin, me voilà paré. Au final, je me mets définitivement en route assez tard, vers 9h. Mais je n’ai que 25km à faire avec 0m de D+, donc c’est en mode vacances que je me dirige vers les champs de lave. Je vais passer la journée dedans. Au début c’est sympa, mais après… :p
Je retrouve la piste, qui passe à côté d’une cabane (passer quelque jour ici doit être magique – et en hiver…). Elle évite ensuite le champ de lave en restant près des flancs de la montagne, avant de descendre dans la plaine. Je la quitte alors pour aller à l’azimut en direction de la cabane de Botni. C’est finalement assez fatigant et je prends largement mon temps (et des photos), donc c’est en fin de journée (vers 18h) que j’arrive à la cabane. Il aurait peut-être été possible d’éviter la lave en passant un peu plus au nord, mais j’ai préféré aller tout droit (on ne perd pas ses bonnes habitudes).
Le coin est réputé pour être sec, mais en toute fin de journée je croise quelques petits lacs bienvenues (et ça change un peu le paysage).
À la cabane il y a foule. Je recroise deux français croisé à Myvatn qui font une traversée N/S en 11j. On parle un moment : lui porte 30kg, elle 27. Ils parlent déjà d’abréger en coupant tout droit (plus d’Askja). Quel courage de marcher avec ses sacs. :/ Certains diront que c’est la marque des sportifs et que l’entrainement paie, je dirais que c’est du masochisme… Finalement, ils repartent pour prendre un peu d’avance pour le lendemain.
Il y a aussi un groupe de la Bristish Exploring Society (comme des scouts, mais pas religieux et pour les gamins avec une vie pas facile). Ils sont très sympas et dorment en tentes, donc finalement j’ai la cabane pour moi tout seul. La nuit y coûte (très) cher (malgré tous les gens qui y ont dormi, je n’ai jamais vu mention de ce petit détail). Quant à savoir si j’ai payé, je ne parlerai qu’en présence de mon avocat. :p (je pense que je reviendrais sur ce point en fin de récit)
Globalement, encore une journée tranquille. J’ai parcouru 50km en deux jours (bon, en partant à 14h le premier jour), donc je suis vraiment dans une optique de marcher tranquille. L’idée pour les premiers jours et de ne pas trop me brusquer histoire de profiter et de ne pas me claquer dès le début.
Bon, par contre pour le lendemain j’avais prévu de faire 25km jusqu’à une autre cabane, mais il s’avère qu’il n’y a que 21km ; en fait aujourd’hui j’ai fait une trentaine de bornes. Toujours lent, mais moins que ce que je pensais. :p Et vu ma passion pour les cabanes, je pense que je dormirai dans l’autre, quitte à faire une petite journée. Au final ça m’arrange, la météo prévue n’est pas top.
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Arrivée dans les sables noirs autour du désert de lave
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Et le désert de lave
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Jour 3 : Botni – Dyngjufell
Donc finalement je n’ai que 21km tout plat et sur la piste à faire aujourd’hui. Je pourrais continuer, mais après la cabane de Dyngjufell c’est l’ascension de Askja, que je préfère me garder pour un meilleur jour. En effet, le plafond est bas et je ne verrais que quelques culottes de gendarme dans la journée (ha ! depuis le temps que je voulais caler cette expression !).
Du coup je m’offre une grasse mat’ et pars vers 10h de Botni. Pas grand chose à dire pour la journée de marche, qui se déroule essentiellement dans le champ de lave. Les paysages gris (nuages) et noirs (lave) sont superbes et oppressants. Je retente quelques photos en chemin et arrive à Dyngjufell vers 14h.
J’y croise le couple de français en train de manger. Ils m’expliquent qu’ils vont zapper Askja pour aller directement par la piste à Kistufell. C’est dommage pour eux, mais entre leur timing serré et leur maison sur le dos, je les comprends. Les environs de la cabane sont aussi occupés par un autre groupe de la British Exploring Society , qui se sert de la cabane comme camp de base. Ils sont bien contents d’y trouver un abri quand la pluie se met à tomber pour de bon. Dans la cabane dort un espagnol, que je verrais éveillé pendant 1h entre mon arrivée à la cabane (14h donc) et mon départ le lendemain matin…
Je passe une après-midi tranquille à lire et à discuter avec les jeunes anglais et leurs accompagnateurs. C’est pas vraiment une journée de rando, mais c’est sympa aussi…
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Jour 4 : Dyjntruc – quelque part dans le désert
Déception ce matin : le ciel est toujours couvert. Moi qui voulais du beau temps pour Askja… :/ Du coup je prends mon temps, et pars vers 8h30, un peu après les jeunes de la British Exploring Society , qui doivent eux monter sur la caldera d’Askja.
Je les rattrape donc au sommet de la première côte (bien sévère), marche quelques centaines de mètres avec eux avant de partir vers d’autres cieux de plus en plus cléments. La montée est démente, avec une vue magnifique sur les sables noirs du coin. Parfois des taches de couleurs surgissent, mais le noir domine tout jusqu’à ce que j’arrive à la neige. Encore un peu de montée, et me voilà au bord de la caldera. Je n’ai pas de panorama (mon logiciel d’assemblage de photos bug 🙁 ), mais la vue est absolument fantastique ! Un immense cratère s’étend de tous les côtés, occupé au loin par un lac et au devant par un champ de lave noire. La formation de cette caldera est d’ailleurs assez récente (années 1870, dernière éruption dans les années 1960).
Je descends en vitesse dans la neige (et sous un bon et franc soleil) avant de longer les bords de la caldera. C’est bien joli, mais au bout d’un moment je m’engage dans le champ de lave en profitant de la neige afin de couper vers le lac Viti. Sauf que voilà, quan dy’a plus de neige je dois marcher dans la lave. Les roches sont torturées et tout sauf plates, et j’ai beaucoup de mal. Au final, j’arrive assez tard à Viti (vers 13h), et je pense que j’ai perdu un peu de temps malgré mon « raccourci ».
Bon, à Viti y’a du monde, comme je m’y attendais. Je descends tout de même plonger une tête dans le lac pas si chaud que ça (22°) mais qui pue bien l’œuf pourri. Je me baigne directement avec mon short de rando (short running de D4) pour m’éviter de me changer au milieu des gens, en me disant que ça séchera vite avec le temps.
Ça me fait une petite pause d’une trentaine de minutes avant que je repart à travers les montagnes en direction de Dreki. Comme prévu, mon short sèche vite, mais jusqu’à la fin (et encore maintenant) il gardera une légère mais tenace odeur de soufre. 😀 Je passe un petit col avant de descendre vers Dreki qui me permet d’avoir un splendide panorama sur les plaine volcaniques et le glacier. Et comme tous les touristes s’arrêtent à Viti, je suis seul pour savourer le moment.
J’arrive à Dreki vers 15h30. Discussion avec une rangers (que j’avais croisé la veille à la cabane, j’avais oublié de le dire), qui me met en garde contre l’arrivée du mauvais temps et le manque d’eau. Nous discutons aussi de mes options d’itinéraires, mes cartes n’indiquant pas les nouveaux champs de lave (infranchissables à pied) dus aux éruptions de 2014. Peu après le camp, une voiture s’arrête à côté de moi : c’est un autre rangers qui me donne les mêmes indications et qui me propose de l’eau au cas où. La gentillesse des islandais fait plaisir à voir.
En suivant / coupant la piste, je m’avance dans le désert en même temps que les nuages avancent dans le ciel. Avec le vent de face et les kilomètres déjà parcourus, ce n’est pas facile, mais j’avance tout de même jusqu’à 20h. L’idée est de pouvoir être à Kistufell le lendemain soir (cabane !). J’ai du mal à trouver un endroit abrité, et finalement je me cale dans un vague trou en bordure de champ de lave. Le soleil fait une dernière tentative au moment du coucher avant de laisser la place aux nuages…
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